L'État gagne de l'argent sur les actifs toxiques

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L'État gagne de l'argent sur les actifs toxiques

Message  vince72 le Sam 25 Sep - 11:13

Incroyable,on peut tt faire sur boursorama,et le mot boulet ne passait pas,j'ai du donc le couper en 2!



Grâce aux impôts et aux prêts octroyés au Royal Park Investments dont il est actionnaire avec Ageas et BNP Paribas, l’État belge a pu engranger un pactole d’environ 150 millions d’euros à la mi-2010. Sa participation dans les actifs toxiques de Fortis est donc plutôt positive. Pour l’instant du moins…


Stockés au sein de Royal Park Investments, les actifs "toxiques" de feu Fortis sont en soins palliatifs. Danny Frans, responsable du portefeuille, nous explique comment il gère la fin de l’aventure subprime.

Allure dynamique, visage souriant, Danny Frans n’a pas le cerne alourdi d’un homme continuellement en voyage d’affaires. Pourtant, c’est entre deux déplacements à New York qu’il nous reçoit dans ses bureaux bruxellois. "Je viens juste de constituer une réserve d’investisseurs pour notre programme de papiers commerciaux", nous dit-il. Il faut dire que les Etats-Unis abritent le terrain devenu touffu dans lequel la défunte Fortis s’est aventurée à ses dépens. Les fameux crédits subprime occupent la plus grande place dans le portefeuille d’actifs toxiques dont Danny Frans a aujourd’hui la charge de se débarrasser au sein d’une structure de défaisance appelée Royal Park Investments.

Avez-vous vous-même choisi les actifs qui allaient dans ce portefeuille?
Danny Frans Non. Tous les actifs ont été sélectionnés par BNP Paribas, en accord avec les deux autres parties, l’État et Fortis Holding, et le prix a été fixé fin août 2008 (avant la chute de Lehman donc). Tout cela faisait partie d’un "Protocole d’Accord", signé par les trois participants. Cela veut dire que nous, la direction de Royal Park Investments, nous n’avons jamais eu la possibilité de discuter ni la sélection, ni le prix.

En novembre 2008, alors que le transfert des titres avait déjà été décidé, Monsieur De Boeck, alors CEO de Fortis Holding, m’a donné un coup de téléphone et m’a parlé du portefeuille. Et il m’a dit qu’il avait besoin de quelqu’un qui s’y connaissait dans les modalités spécifiques du marché des crédits structurés, pour exécuter la gestion du portefeuille. J’ai eu très peu de temps pour réfléchir, mais j’ai finalement accepté.

Quelle a été votre réaction en voyant les actifs qui s’y trouvaient?
Je n’étais pas du tout étonné du fait que 74% du portefeuille étaient libellés en dollars, et que dans cette partie, la majorité était du subprime et des CDO, les actifs les plus risqués au monde.

Vous êtes-vous dit alors: mission impossible?
Tout à fait, c’était ma première réaction. Pourquoi devions-nous accepter une sélection faite par BNP Paribas, et à un prix d’août 2008? On m’a répondu que ça faisait partie des protocoles de l’accord avec le gouvernement, et qu’il n’y avait rien à dire. À ce moment-là, Jacques Straetmans (CFO de Royal Park Investments, ndlr), et moi-même, nous avons exigé d’avoir un financement attrayant. Avec le soutien de l’État, nous l’avons obtenu de BNP Paribas.

L’immobilier américain est toujours en difficulté. Ce n’est pas très bon pour vous…
C’est exact, mais dans notre scénario de base, c’était prévu. Par exemple, dans nos modèles utilisés pour calculer la valeur de recouvrement attendue sur nos actifs adossés à l’immobilier américain, on a dit que le prix des maisons aux Etats-Unis allait diminuer de 25% entre mai 2009 et mai 2010, et de 25% encore l’année d’après. On voit que le marché est en train de trouver un plancher. Ce dernier n’est pas encore stable, mais on n’a pas diminué de 25%.

En outre, dans la période grise entre novembre 2008 et mai 2009, durant les assemblées générales agitées (sur l’acceptation du rachat par BNP Paribas, ndlr), on a travaillé derrière les caméras. On a utilisé cette période-là pour lire tous les prospectus, les contrats des actifs, en particulier les CDO.

On voulait décomposer les CDO, qui sont des titrisations de choses qui sont déjà titrisées, on voulait faire l’inverse. Mais pour cela, nous avions besoin des droits pour le faire. Malheureusement sur les huit transactions que Fortis avait structurées, nous n’en avions que trois sur lesquelles nous avions un droit direct pour le faire. L’avantage, c’est qu’on reçoit en échange les titres sous-jacents, ceux qui sont directement adossés aux crédits hypothécaires. C’est beaucoup plus facile à suivre et à analyser. Pour ces transactions individuelles, qui contiennent des emprunts hypothécaires individuels (400-8.000), on a un système qui peut évaluer leur performance.

Quand vous avez décomposé ces CDO, étiez-vous consterné?
Absolument. Mais nous savions déjà qu’on parlait de CDO de subprime américains. Et encore, des actifs qui étaient déjà à l’origine dotés de notes financières de basse qualité, "BBB", "BB". Aujourd’hui, ils ont souvent une note de "D", pour défaut. Mais sachant cela, si on décide de parler d’une valeur de recouvrement nulle, dès qu’on voit un acheteur potentiel arriver avec un prix plus élevé, on le vend. C’est du cash-flow extra, qu’on n’avait pas comptabilisé. À l’opposé, on a des transactions structurées avec crédits hypothécaires originaires des Pays-Bas. C’est quelque chose d’étonnant: pourquoi au début a-t-on considéré cela comme toxique? Pour nous, c’est fantastique, parce qu’on va être remboursé au pair. On les a achetés à 85%, et on reçoit des offres à 95%. Le plus facile, ce serait de les revendre tout de suite. Mais nous disons: on veut les conserver jusqu’à la maturité ou les revendre au pair. On veut ces 5% en plus pour diminuer les pertes qu’on va avoir avec certitude dans les CDO américains où le taux de recouvrement est proche de zéro.

Pendant combien de temps l’État aura-t-il ce boul.et au pied?
Soit jusqu’à l’échéance du dernier actif dans le portefeuille. Soit, mais on n’y arrivera pas je pense, au moment où les trois actionnaires estiment que le portefeuille a suffisamment diminué en taille. Ils pourraient décider de vendre le portefeuille, diminuer l’actionnariat, si il y a des acheteurs. Nous sommes conscients que le conseil pourrait décider un jour que leurs 1,7 milliard d’actions constituent un montant trop élevé par rapport à ce qu’il reste dans le portefeuille. Il faut aussi savoir que tout le cash reçu sert d’abord à rembourser en priorité le prêt "super-senior" de 5 milliards d’euros octroyé par BNP Paribas Fortis. On devait le rembourser en 3 ans et demi. On a déjà remboursé 2,5 milliards d’euros fin août 2010. Il nous reste un an et demi pour le reste. Puis, on va rembourser la dette senior de 519 millions euros, à BNP Paribas (France), et diminuer notre programme de papiers commerciaux, garanti par l’État, de 4,5 milliards.

L’État va-t-il perdre de l’argent in fine?
C’est difficile à dire. En 2009, nous avons eu un résultat de 114 millions d’euros nets de profit. On a payé 37 millions d’impôts. Cette année, on a déjà prépayé les résultats de mi-2010: 152 millions d’euros de revenus nets, 62 millions d’impôts. Ajoutez à cela 70 points de base qu’on paye pour la garantie: 20 millions en 2009. Cette année, ce sera encore 35 millions. Via le plan de papiers commerciaux et les "interest rate swaps" sur une partie de nos actifs flottants, nous avons créé un revenu (cash flow) supplémentaire au-dessus des niveaux prévus initialement dans le business plan. Reste à voir jusqu’à la fin du portefeuille, si on pourra tenir le coup.

En résumé, je crois que la "bad bank" comme on l’a appelée peut être une bonne idée. Dès que le gouvernement a repris une banque en difficulté, l’a donc nationalisée, et décide ensuite de la reprivatiser et de la vendre, il est bien clair qu’une partie des crédits structurés doit être transférée dans une société séparée, une "bad bank". D’abord, la banque qui était en difficulté peut retravailler comme avant: en se focalisant sur le "core business", avec une réduction des risques potentiels et une position financière plus forte (liquidité). Nous, en échange, on n’est pas une banque, on n’a pas les exigences de fonds propres. Enfin, les relations avec les clients: une partie (les notes subordonnées) des huit transactions sur CDO structurées aux Etats-Unis était vendue à des clients particuliers, donc il y avait une relation client. Nous, on a décomposé les CDO sans devoir en tenir compte. Ce ne sont pas nos clients. Nous, ce qui nous préoccupe, ce sont nos trois actionnaires.
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Les toxiques restent le premiers souci

Message  Admin le Mar 28 Sep - 7:38


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le meilleur est déjà derrière nous!!!

Message  vince72 le Jeu 30 Sep - 11:10

En Europe cette année, le meilleur est déjà derrière nous



L'’économie belge se porte un peu mieux que la moyenne de la zone euro. Mais le gros point noir reste son absence de gouvernement. Ce que les investisseurs ne voient pas d'un bon oeil...


La croissance dans la zone euro a été étonnamment soutenue durant le second trimestre 2010, tirée par la locomotive allemande. Mais à court terme, elle s’essouflera, et selon toute vraisemblance, l’économie devrait piétiner encore un certain temps... Telle est la principale conclusion de l’Eurozone Forecast, le rapport trimestriel d’Ernst & Young.

Dans ce rapport dévoilé hier, le cabinet d’audit revoit à la hausse ses prévisions de croissance dans la zone euro cette année, à 1,5% du Produit intérieur brut (PIB). Ernst & Young s’appuie essentiellement, - on l’a dit, - sur le rebond de l’économie allemande au cours du deuxième trimestre de cette année. Toutefois, le rapport prévoit toujours une baisse de la croissance de 1,4% en 2011. Ces prévisions, qui détaillent les performances des seize économies de la zone euro, indiquent aussi que le chômage devrait continuer à augmenter jusqu’à la mi-2011 et atteindre un pic de plus de 16,3 millions de chômeurs.

"L’impact des économies et des hausses d’impôts annoncées dans toute l’Europe ne s’est pas encore fait pleinement sentir. En outre, la reprise aux Etats-Unis semble ralentir. Cela signifie que les exportations auront un effet moins stimulant qu’espéré sur la reprise " redoute Gust Herrewijn, managing partner d’Ernst & Young Belgique. Les entreprises et les ménages de la zone euro resteront sans doute prudents, l’année prochaine encore. Et les entreprises, principalement dans le sud de l’Europe, reporteront probablement leurs recrutements. Leurs investissements et de nombreux consommateurs continueront, par prudence, d’épargner. En outre, le volte-face d’une politique fiscale d’expansion vers une politique de contraction freinera un peu plus la croissance. "Il faudra peut-être attendre jusqu’en 2015 avant que l’activité économique ne retrouve son niveau d’avant la récession ", poursuit Gust Herrewijn.

Les économistes affirment qu’une légère reprise dans quelques pays du nord de l’Europe sera influencée négativement par le sud de la zone euro, qui doit adopter de lourdes réformes fiscales. " La moyenne de la zone euro se situe à la limite de l’obésité publique. En Europe et même en Belgique le clivage entre le Nord et le Sud est de plus en plus marqué " commente Geert Noels, CEO d’Econopolis et économiste indépendant de l’Ernst & Young Eurozone Forecast.

La Belgique toujours dans l’impasse

Pour autant, l’économie belge se porte un peu mieux que la moyenne de la zone euro. Les prévisions quand à la croissance du PIB ont été revues à la hausse: 1,8% contre 1,4% précédemment. Le PIB devrait connaître une légère croissance de 1,8% d’ici 2011. Le point négatif reste par contre l’évolution du taux de chômage qui devrait atteindre le seuil de 9,0% de la population active d’ici la fin de l’année.

En Belgique, le principal facteur d’incertitude reste bien évidemment la situation politique. Sans un gouvernement tout à fait opérationnel, la Belgique ne pourra pas introduire les réformes structurelles requises pour mener les finances publiques vers une voie durable à long terme, commentent les analystes: "Plus la formation d’un gouvernement de coalition prendra de temps, plus le risque de voir les investisseurs changer d’avis sera grand".

Les coûts et difficultés inhérents au refinancement de la dette s’en trouveront dès lors accrus. "La Belgique est arrivée à une croisée cruciale des chemins et doit faire un choix politique fondamental: prendre la route pour Maastricht? Ou se laisser emporter vers le ‘Pays de Krugman’ pour ne plus jamais en revenir?" s’interroge Geert Noels. Prix Nobel d’économie en 2008, l’Américain Paul Krugman a publié cet été dans le "New York Times" une vive critique à l’encontre des "dieux invisibles" qui obligent les responsables politiques à réduire leurs dépenses budgétaires. Ces dieux invisibles sont, d’après lui, les investisseurs sur le marché des emprunts d'Etat, dont il trouve l'influence exagérée. "Oui, on parle de sacrifices. Il faudrait que ceux qui doutent de la souffrance causée par les coupes claires dans les dépenses regarde les conséquences catastrophiques des programmes d'austérité en Grèce et en Irlande" dénonçait-il...
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